
Pierre Moscovici, député du Doubs et secrétaire national du PS était à Valence le lundi 29 novembre répondant ainsi à une invitation des Sociaux Démocrates de la Drôme.
En meeting au Parc des expositions aux côtés de Jean Besson, d'Alain Maurice et de Michel Grégoire, il a rappelé que Dominique Strauss-Kahn était le seul en mesure de rassembler largement la gauche et de la faire gagner.
Il est intervenu devant plus de deux cents personnes et a exposé d'une manière claire et passionnée les conditions d'une alternative pour 2012 qui passe entre autres par la création d'un grand impôt citoyen, une politique de réindustrialisation de la France, une relance du projet européen, la mise en place d'une social -écologie.
Le "réformisme radical" qu'il appelle de ses voeux répond au projet ambitieux de changer en profondeur la donne sociale et économique dans un pays miné par les inégalités tout en tenant un discours de vérité.
Sans
reprendre le mot tabou de “rigueur”, Pierre Moscovici pousse le PS à ne pas faire de promesses excessives ou illusoires pour la prochaine présidentielle.
Entretien > Le PS peut-il éviter de faire des promesses coûteuses et espérer gagner quand même en 2012 ?
Pierre Moscovici – Il n’y a pas encore d‘attente fixée sur la gauche, ou plutôt il y a des attentes contradictoires ou complémentaires. La première concerne l’incarnation et le style de gouvernance. II y a une aspiration à des transformations radicales, des transformations de gauche. Pour autant, je suis persuadé qu’il n‘y a pas d’attente d’une gauche qui rase gratis, et qui promette la lune. Les Français sont inquiets et extrêmement lucides. Ils ne supporteraient pas une gauche dont les promesses apparaîtraient d’emblée comme non finançables, excessives ou illusoires. Il faut du changement, mais il faut que ce changement soit crédible.
Nous ne devons pas pour autant tomber dans un écueil : celui d’une victoire sur la base d‘un rejet du sarkozysme tellement puissant que ce président serait battu par n’importe qui. Cela créerait une désillusion qui conduirait la gauche à ne jamais gagner deux élections de suite. Ce qui est arrivé à Barack Obama, c’est l’attente d‘un charisme qui déçoit et qui provoque à mi-mandat un rejet très fort. Or le mi-mandat vient très vite en France…
Est-ce que l’électeur de gauche peut entendre aujourd’hui ce discours de rigueur de gauche ?
J’en suis convaincu, mais je ne reprendrais pas ce terme. Je ne serai pas dans une posture néo-barriste qui consiste à dire c‘est dur, c’est très dur, et nous allons faire une politique de rigueur plus dure que la droite, mais plus juste. Nos électeurs n’acceptent pas les illusions mais ils ne veulent pas non plus de la purge ou des punitions. Ceux qui pensent qu’on peut conduire des politiques à guichet ouvert qui conduiraient à une nouvelle dégradation de la dette du pays, ceux-là se trompent et mentent. Il faudra que ce soit la politique du changement crédible, donc qu’en matière de croissance ce soit des politiques qui créent des opportunités. Tout ce qui est croissance, éducation, innovation, investissement structurant devra être privilégié.
Tout cela a un coût…
Il faudra faire des choix très clairs qui privilégient l’investissement par rapport au fonctionnement courant. Il faudra avoir le courage de dire qu‘il y aura des économies sur certaines dépenses publiques. Il y aura sûrement des poursuites de restructuration de l‘Etat, de son périmètre, de son mode de gestion. Les maîtres mots seront le choix d‘investissement, la sélectivité de la dépense publique et une réforme fiscale d‘ampleur, avec de nouveaux prélèvements qui devront peser avant tout sur les couches supérieures et moyennes supérieures.
Jean BESSON, Sebastien BERNARD, Yves BODIN, Françoise CASALINO, Laurent CHAREYRE, Pierre-Henry CORDIER, Michel GREGOIRE, Pierre-Antoine MOLINA, Hervé RASCLARD
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