A gauche, besoin d’optimisme !
Le recul massif de la gauche lors du scrutin du 7 juin a révélé, comme
nul autre, la gravité de la crise traversée par la social-démocratie en Europe. Alors que les règles du capitalisme sont partout remises en cause par la récession mondiale, que la crise a
disqualifié le modèle néo-libéral, la gauche n’a pas su convaincre qu’elle pouvait refonder notre système sur des bases plus saines. Par delà les explications nationales et les raisons
conjoncturelles, ce cinglant désaveu sanctionne la confusion dans laquelle se trouve la gauche...
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Par les sociaux démocrates de la Drôme
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Gérard COLLOMB :
" Rassembler sur une ligne claire... "
Quel est votre sentiment après le conseil national du PS mardi soir ?
Il a été trop rapide. Après une telle défaite il fallait prendre le temps de débattre. Mais Martine Aubry a craint que ne s'organise un putsch de quadras ou d'autres auquel personne ne pensait.
Elle avait prévu de constituer un super-secrétariat avec cinq ou six personnes dont Peillon et peut-être Valls. Et à la sortie, délice du PS, c'est avec Ségolène Royal que se fait l'alliance.
Considérez-vous que cette pratique nuit au PS ?
C'est justement ce que les Français lui reprochent : cette guerre de personnes alors qu'ils attendent un projet. Et aux Européennes le PS a encore été en difficulté. Notre discours était uniquement
anti-Sarkozy.
D'où, en contre exemple, le succès de Cohn-Bendit ?
Lui seul a conduit une campagne sur le thème de l'Europe et avec une vision. L'électeur en général répond à la question qui lui est posée. Le PS n'a pas compris qu'aujourd'hui, il n'y a plus de
camp aussi déterminé que dans le passé et que le socle électoral dur des partis s'est beaucoup réduit pour tout le monde. Tout le problème du PS est que le congrès de Reims ne s'est pas fait sur un
clivage politique mais un clivage de personnes. Ainsi les réformistes qui, je pense sont majoritaires, se retrouvent dans toutes les motions. Au congrès, parmi les motions, seul Hamon avait au
moins une pensée claire, même si ce n'est pas la mienne.
Vous sentez-vous plus proche de Cohn-Bendit ou d'Aubry ?
Cohn-Bendit, qui se définit libéral-libertaire ,n'est pas plus à gauche que les socialités : il est moins archaïque. Au PS on s'isole dans sa superbe. Nous sommes un peu trop catégoriques.
Cohn-Bendit propose de rassembler toute la gauche et le MoDem. Il occupe la place centrale que devrait occuper le leader du PS. Aux régionales, les présidents sortants devront tenir cette
position.
Le PS ne vous entend pas. Appelez-vous à la constitution d'une sorte d'UMP de gauche ?
Ce n'est pas dans la tradition de la gauche mais il faut rassembler, pas forcément dans le même parti. C'est ce que j'ai fait à Lyon. En rassemblant largement, vous provoquez ainsi le mouvement
vers vous. Je commence à être entendu. Ceux qui gèrent le parti à Paris n'écoutent pas assez les élus locaux qui sont au contact de l'électeur, du patron de PME en difficulté. Certains disent à
Paris « on a perdu les couches populaires ». Mais on a vu aussi partir des classes moyennes et aisées sur cette élection. Arrêtons de ranger les citoyens par catégories. On est dans une
société beaucoup plus complexe que cela qui demande un projet fédérateur et lisible.
Vous a-t-on proposé un poste au sommet du parti ?
La façon forte dont je me suis exprimé montrait mon désaccord de fond. Je vais essayer de contribuer avec un certain nombre d'amis à redéfinir une pensée politique en me rapprochant d'un certain
nombre d'intellectuels (économistes, philosophes, chercheurs). Des économistes tels Mathieu Pigasse, Gilles Finkelstein apporteraient beaucoup En fait, on reprend la ligne claire que nous n'aurions pas dû abandonner.
Ce qu'on appelle un think tank, un groupe de réflexion et de propositions ?
Exactement. Un projet crédible commun à toute la gauche et au delà se fera avec l'apport de compétences extérieures.
Vous êtes pour la disparition des courants ?
Oui, ce qui doit primer c'est le rassemblement sur une ligne politique claire avec une majorité et une minorité. Et je ne craindrais pas le cas échéant d'être dans la minorité mais il faut un
débat. Depuis Blum, le PS est un parti de débat, mais il y a trop eu de compromis.
La secrétaire nationale des Verts, Cécile Dufflot, veut présenter des listes autonomes partout ?
Qu'elle prenne garde de ne pas commettre la même erreur que le PS pour les Européennes en prenant les décisions au sommet. Je pense que les Verts vont examiner la situation région par région. Les
gens ne marchent plus au canon, aujourd'hui personne n'est propriétaire de son électorat. Il ne suffit pas de claquer des doigts à Paris pour que tout le monde mette le petit doigt sur la couture
du pantalon. On l'a vu en région Sud-Est.
Participerez-vous à la campagne des régionales ?
Dès demain je serai en campagne avec Jean-Jack Queyranne. Il faut penser en terme de rassemblement au premier tour car c'est cela qui
provoque une dynamique.
A Lyon, Europe-Ecologie devance nettement le PS ?
C'est le type d'élection et son contexte qui veulent cela. Vu comment s'est déroulée la campagne, comment les choix ont été faits, le résultat ne m'a pas étonné. Mais aux régionales, les électeurs
regarderont le bilan de la majorité, de son président sur l'université, la recherche, la formation, l'aide aux PME, le développement durable.
Qui pourrait conduire la campagne des présidentielles ?
Si nous avions un leader naturel, ça se saurait. Le premier objectif est de gagner les régionales. Ensuite, pour la présidentielle, je suis favorable à des primaires ouvertes à toute la gauche.
Plusieurs personnes chez nous sont capables de porter un projet clair et lisible.
Vous figurez dans la liste de ces personnes ?
Ce n'est pas mon problème. Ce qui m'importe est que soit réalisé le projet et je vais y travailler avec ce groupe ouvert.
Vos prises de position ont aussi créé des dissensions au sein de la fédération du PS ?
C'est de la noblesse que de laisser s'exprimer des façons de pensée différentes. Maintenant, si c'est une histoire d'amour déçu… Qui que ce soit veut refaire les élections municipales demain, je
suis prêt à les refaire.
Pourriez-vous quitter le PS ?
Je suis né socialiste, le mourrai socialiste. Par fidélité à un passé, à une trajectoire. On ne se renie pas. S'il ne voulait plus de moi, le parti serait obligé de m'exclure. Mais je ne partirai
jamais.
Lire l'article sur le site du Progrès :
http://www.leprogres.fr/fr/article/1680894,177/Gerard-Collomb-Si-le-PS-avait-un-leader-ca-se-saurait.html
Par les sociaux démocrates de la Drôme
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Pierre MOSCIVICI : Ouvrir les portes et les fenêtres du Parti socialiste en organisant un primaire ouverte pour désigner le candidat du PS à la prochaine élection présidentielle.
La désignation de Barack Obama comme candidat du parti démocrate démontre que l’organisation d’une primaire peut enclencher une
puissante dynamique politique, en attirant vers le parti qui la met en place un nombre considérable de nouveaux sympathisants et une énergie difficile à mobiliser par d’autres méthodes.
Les deux tiers des électeurs de gauche se disent aujourd’hui favorables à l’organisation de ces primaires : cela démontre la force du désir de
participation des sympathisants socialistes à cette séquence essentielle de la vie politique du pays. Cela témoigne aussi d’une certaine frustration devant le mécanisme de désignation existant
aujourd’hui et du besoin de modernisation des procédures démocratiques du PS.
Jusqu’ici, les votes de désignation au PS conduisent davantage à diviser les militants et les élus entre eux qu’à nous faire avancer vers la victoire aux élections.
Nous pensons que cela doit changer.
Une primaire conduira à revaloriser le rôle des militants, en les incitant à s’ouvrir vers l’extérieur pour convaincre des
sympathisants de venir participer à la démocratie interne du PS en faveur du candidat et du programme politique de leur choix.
Pour rassembler plusieurs centaines de milliers voire millions de participants, cette primaire suppose un prix accessible à tous et une
simplification des conditions de participation au vote. Cette pétition sera transmise à la direction nationale du PS pour demander la tenue d’une convention
nationale sur l’organisation de primaires, comme les statuts du PS en ouvrent la possibilité.
Pour signer la pétition pour la primaire :
http://www.primairesouvertes.fr/
Par les sociaux démocrates de la Drôme
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